Quantcast
Channel: Leila Jolin-Dahel – TOM.travel
Viewing all articles
Browse latest Browse all 22

Dans le Transport, la biométrie progresse mais ne fait pas l’unanimité

$
0
0

Les contrôles de sécurité biométriques sont actuellement une technologie émergente dans plusieurs aéroports. De plus en plus d’entreprises s’intéressent à son développement mais plusieurs freins subsistent.

Permettant un contrôle de sécurité plus rapide que celui effectué par des agents frontaliers, la technologie biométrique pourra bientôt remplacer l’humain pour les opérations simples en garantissant une vérification effectuée en cinq à sept secondes par voyageur.

Au dernier Salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, le groupe électronique Thales a présenté des robots douaniers permettant le contrôle des passeport et l’identification des criminels. Et ils ne sont pas les seuls à s’intéresser à la biométrie.

À la fin du mois de mai dernier, le fournisseur d’outils automatisés de sécurité Vision-Box a annoncé faire partie du programme Aruba Happy Now, déployé par les gouvernements d’Aruba et des Pays-Bas, en partenariat avec le Schipol Group, la compagnie aérienne KLM et les autorités de l’aéroport d’Aruba. Le programme vise à faire l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale afin d’éviter aux passagers de devoir présenter leur passeport et leur passe d’embarquement durant les étapes précédant leur vol.

L’aéroport Jean-Lesage à Québec envisage également d’implanter la biométrie dans les processus de contrôles effectués aux services frontaliers. Le choix de la technologie qui sera employée n’a pas encore été fait, mais l’installation pourrait s’effectuer au cours de l’année 2016.

Une technologie infaillible?

La sécurité devient de plus en plus une source de préoccupations, tant pour les compagnies aériennes que pour les aéroports. Si certaines entreprises ont déjà prévu récompenser les pirates soulevant des bugs techniques, ces derniers se limitent actuellement aux sites web et aux applications, sans inclure les systèmes des aéronefs et encore moins ceux liés à la sécurité.

L’ère du web a amené la création de mots de passe, pour autant, de nombreux sites web ont pu être piratés par des hackers. Pour pallier à ces lacunes, Apple et Samsung ont actuellement commencé à implanter la détection de l’empreinte digitale dans leurs appareils afin d’identifier leurs utilisateurs. Ce mode de sécurité semble toutefois déjà compromis. Un chercheur en sécurité spécialiste en biométrie a annoncé en décembre dernier avoir réussi à reconstituer l’empreinte digitale de la ministre de la Défense allemande à partir de photos de son pouce. Plusieurs autres pirates l’ont imité depuis.

À ce jour, aucune tentative de piratage de technologie biométrique basée sur l’iris n’a réussi. L’entreprise Intel Security, qui a développé une solution de reconnaissance faciale baptisée « True Key », mesure selon des algorithmes l’écartement entre les yeux, la profondeur du nez et la largeur du front.

L’entreprise montréalaise Nuance Communications travaille quant à elle sur une technologie de reconnaissance vocale. Basée sur les effets que la forme des dents et des sinus a sur la voix humaine, l’identification vocale permet de différencier un utilisateur d’un autre, et fait même la distinction avec un extrait enregistré ou encore avec un imitateur.

Une technologie qui ne fait pas l’unanimité

Le site web militant « Souriez vous êtes filmés » a publié un document argumentaire qui dénonce l’utilisation de la biométrie dans les contrôles de sécurité. Parmi les raisons évoquées, l’empiètement sur la vie privée, le coût onéreux d’installation de cette technologie, en plus d’être un outil potentiel de discrimination. Le manifeste déclare également que les projets de recherche sur la biométrie manquent de transparence et utilisent l’argument de la peur en faisant la promotion de la lutte contre le terrorisme.

Le chercheur au Centre sur la vie privée et la technologie de l’école de droit de Georgetown aux États-Unis, Ben Sobel, émet également des mises en garde quant à l’utilisation de la biométrie. Dans un article du Washington Post paru en juin dernier, le chercheur dénonce la vitesse à laquelle se développement les technologies de reconnaissance faciale, pas toujours de façon légale, sous l’impulsion du marketing individualisé.

Si la technologie de la biométrie demeure émergente, tant dans le secteur de la sécurité que celui du marketing, il est à prévoir que plusieurs questions sur la confidentialité et la sécurité demeure actuellement en suspens.

 

Photo d’ouverture : Fotolia © Sergey Nivens


Viewing all articles
Browse latest Browse all 22

Trending Articles